Publié le 21 Mars 2025
Encore cette envie de vous faire découvrir ma Ville
Il existe de nombreux hôtels particuliers et publics dans le centre-ville historique
En effet, la ville a une histoire riche et un important patrimoine architectural et culturel.
Des nombreuses maisons, hôtels particuliers ou immeubles, sont classés ou inscrits sur la liste des Monuments historiques.
Le XIXe siècle : la grande transformation de la Ville
La municipalité a joué un rôle crucial dans l’évolution urbaine de Sens en lui donnant un nouveau visage :
- Démolition de la muraille et les portes de la ville, qui permit d’ouvrir la vieille ville sur les faubourgs,
- Création du cimetière communal (1803),
- Construction de la gare de Sens (1849),
- Démolition de l’Hôtel-Dieu, vous pouvez apercevoir au fond le Palais synodale de la cathédrale, a été construit au cours du XIII e siècle, place Saint-Étienne, l'Hôtel-Dieu de Sens a connu plusieurs vies. Il est d'abord un hôpital canonial. En 1451, il comprend 24 lits de plume pour les pauvres. Devenu trop petit, il est transféré et les bâtiments réaffectés. L'Hôtel-Dieu désaffecté devient marché aux grains. En 1793, on envisage d'y installer la gendarmerie. En 1833, il est une école de garçons.
/image%2F1246852%2F20250320%2Fob_3f5dc4_the-ancient-hospital-hotel-dieu-in-sen.jpg)

La construction du futur marché en 1881, signe sa fin. Le bâtiment est démoli et les pièces essentielles, les pierres sculptées, moulurées, sont stockées sous un hangar du jardin du musée.
Faute de subsides, la municipalité renonce à faire revivre les restes sculpturaux du Moyen-Âge.
Les vieilles pierres ne sauraient mentir. Il arrive même parfois qu'elles ressortent de terre. C'est au mécénat d'une riche Américaine de Buffalo, présidente du comité de sauvegarde de l'art français que la façade de l'ancien Hôtel-Dieu (XIII e-XVI e), située juste à côté du portail principal de l'église Saint-Pierre-le-Rond, dut de renaître de ses cendres, l'année 1927, à une époque où l'on parlait encore de « Nouveau Monde » lorsqu'on évoquait les États-Unis. Avant cela, l'histoire fut riche en péripéties. Ce fut chose faite l'année suivante, rue Émile-Peynot. Les vitraux, eux, seront réemployés, pour agrémenter l'église Sainte Alpais, à Cudot.
A l'heure actuelle, l'accès est interdit faute d'écoulement à l'arrière de cette facade..
/image%2F1246852%2F20250320%2Fob_55efe3_324-sens-sens-facade-ancien-hotel-dieu.jpg)
- Marché couvert , inauguré en 1882, rénové en 2015 - architecture métallique Baltard
/image%2F1246852%2F20250320%2Fob_3fc8d5_r-1.jpeg)
- Création du square Jean Cousin

- Aménagement des Promenades (1882), et qui sont actuellement réinventées en savoir plus
- Construction de la Caisse d’épargne (1890), que l'on voit sur la photo du square Jean Cousin, qui est toujours présente ainsi que la Banque (Blog Caisse d'Epargne)
- Création des grands boulevards; circulaires (boulevard du Centenaire en 1889 ; de la Liberté en 1893 et de la Convention en 1900).
De nouveaux équipements publics voient le jour. Des écoles sont construites, à l’instar de
- l’actuelle école de la rue Rigault (1862 puis 1879) ou de
- l’actuelle école Gaston Marnot (1874).
- L’actuelle école Charles Michel voit le jour en 1899.
Signe de cette rapide transformation, la population de Sens croit rapidement tout au long du XIXe siècle, passant de 10 514 habitants en 1800 à 14 694 en 1901, soit une augmentation de 50% en un siècle.
Le projet de construction d’un nouvel Hôtel de Ville, initié dans les années 1890, marque une étape décisive dans l’affirmation de l’identité urbaine de Sens. En 1895 est créée une commission spéciale au sein du conseil municipal. Elle a pour mission de rédiger un cahier des charges et de préparer le concours d’architecture.
Ce futur hôtel de ville devait abriter les différentes salles, celles des fêtes et des mariages ainsi que celle du Conseil municipal, puis les Bureaux pour le Maire ainsi que ceux des adjoints, des secrétaires en chef et d’Etat-civil mais aussi la Voirie, l’Assistance publique, la Recette municipal et les Contributions.
Signe de modernité et de confort, il doit être éclairé au gaz et doté de commodités, le coût total ne devait pas dépasser à l'époque 550 000 francs, sans les honoraires de l’architecte, ainsi que tout l'agencement en meubles et appareils d’éclairage.
Trente-neuf projets seront examinés par le jury et La pose de la première pierre a lieu le 21 avril 1901.
Architecturalement, cela présente une complexité volumétrique et stylistique, mêlant des éléments de la Renaissance française et classique. L’entrée principale, située à l’intersection de la rue de la République et de la place Drapès, mène à une rotonde d’honneur qui distribue l’accès aux différentes ailes du bâtiment. Les salles de réception, situées au premier étage, sont traitées avec magnificence, reflétant le style classique dans sa splendeur. La toiture, élément marquant du projet, comporte des lucarnes, des cheminées élevées, et un beffroi couronné par la statue du Gaulois.
Tout au long du chantier, la ville fait face à divers défis, notamment l’approvisionnement en matériaux et la faillite de certains entrepreneurs ou des changements esthétiques et fonctionnels, comme l’agrandissement de la salle du Conseil municipal et l’adaptation de la sculpture extérieure pour obtenir l’effet désiré.
- Hôtel Vezou du XIXe siècle jusqu'à la construction de l'actuel Hôtel de ville en 1904, fut l'Hoôtel de Ville. Construit à l'époque moderne, entre le XVIe siècle et le XVIIIe siècle.
/image%2F1246852%2F20250320%2Fob_db7519_mhr27-20208900007.jpg)
Son portail, « typique de l’art baroque », est « l’un des plus beaux de Sens », d'aprèst Étienne Dodet, dans un ouvrage Sens, portes et portails. Ses portes sculptées de mufles de lions sont surmontées d’un tympan ciselé de guirlandes autour d’une cartouche. Il est inscrit sur la Liste des monuments historiques en 1971. Il abrite aujourd'hui la conservation des Musées de Sens et un centre d'étude archéologique, le CEREP.
Les trois prochains sont situés Rue Abelard, au numéro 4, du 6 au 10,
- Hôtel de Vaudricourt, a été construit entre le XVIe siècle et le XVIIIe siècle. Il a été inscrit partiellement sur la Liste des monuments historiques en 1947.
- Hôtel Le Fournier d'Yauville est du XVIIIe siècle a abrité une institution religieuse et scolaire catholique, l'Institution Sainte-Paule. Racheté en 1999, il s'agit désormais d'une propriété privée. Les façades, le portail et les toitures ont été inscrites partiellement sur la Liste des Monuments historiques en 1972.
- Un autre hôtel particulier, datant aussi du XVIIIe siècle. Il a été inscrit partiellement aux Monuments historiques en 1972.
Et celui ci
- Hôtel de Bourienne. Bien que n'étant pas classé ou inscrit comme monument historique, cet hôtel particulier, a été la demeure de Marivaux dont l'épouse Colombe Boulogne était sénonaise.
Il s'agit en effet de la
maison des Fauvelet, comtes de Charbonnières de Bourienne,
/image%2F1246852%2F20250320%2Fob_7fcfa3_capture-d-ecran-2025-03-20-183827.jpg)
une famille du patriciat local qui avait hérité du fief de Bourienne, près de Marsangy, dans l'Yonne.
Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne, diplomate, député de l'Yonne, Ministre d'État et secrétaire particulier de l'Empereur Napoléon Ier, y est né en 1769 et l'Empereur y a séjourné lorsqu'il était Premier Consul.
Il ne doit pas être confondu avec l'Hôtel Bourrienne, demeure achetée par Louis Antoine Fauvelet de Bourienne en 1798 dans le 10e arrondissement de Paris, rue d'Hauteville.
L'hôtel de l'Ecu
/image%2F1246852%2F20250320%2Fob_e18da2_large.jpg)
qui n'existe plus, mais nous avons encore le Passage de L'écu
/image%2F1246852%2F20250320%2Fob_b0ee2f_capture-d-ecran-2025-03-20-204939.jpg)
sur la droit, il y a un restaurant que s'appelle l'Ecu...
Ci dessous
L'histoire de l'hôtel remonte à 1796
/image%2F1246852%2F20250320%2Fob_1f597b_zoom-013.jpg)
Ouverte en 1796, l’Auberge de la Ville de Paris, va devenir au cours du XXè siècle
l’Hôtel de Paris et de la Poste
et acquérir une renommée qui va attirer les grands de ce monde.
Paris et Poste. Deux noms devenus indissociables, réunis en 1936 par
Mr Sandré, le propriétaire de l’époque.
Mais avant ? Les bâtiments du futur «Hôtel de Paris et de la Poste» appartenaient au Chapitre et faisaient corps avec les maisons du cloître qui couvrait une superficie allant de la cathédrale à la rue Pasteur, anciennement rue St Benoit.
C’était une maison canoniale, composée d’une vaste cour d’entrée, d’un passage qui coupait le corps central du bâtiment et de deux ailes qu’on lui coupera en 1788 lors de la percée de la rue de la rue Royale (partie nord de la future rue de la République).
Elle fut occupée de 1779 à1796 par le chanoine de Vaudricourt. Ce dernier, de son nom
Jean Charles Joseph Roulin de Launay de Vaudricourt, nait en 1748(1).
Il débute sa carrière ecclésiastique comme candataire* du cardinal de Luynes avant d’être nommé chanoine en 1767. Dix ans plus tard, il est député à la Chambre ecclésiastique puis, en 1789, archidiacre de Sens.(2) Mauvais temps pour la soutane : la Terreur ne respecte rien, pas même l’hostie et notre représentant du Pape est emprisonné à deux reprises : tout d’abord d’avril à juin 1793, puis en l’An II de la République pour être remis en liberté le 23 brumaire de l’An III, la Veuve ayant, pour un bref instant, cessé de faire tomber des têtes par prêtrise. Le Ier thermidor de l’An IV (19 juillet 1796), il achète la nue propriété de la maison canoniale qu’il occupe et la loue la même année au Sieur Dominique Louge moyennant une rente viagère. (3)
Ce dernier va fonder «L’Auberge de la Ville de Paris» avant d’agrandir son commerce en y joignant la maison qui portait le numéro 718 de la rue St-Benoit, occupée alors par le citoyen Martineau du Chesnoy. En 1806, le café qui était adjoint à l’hôtel s’installe rue de la Petite-Bonne-Vierge (rue Drapès).
En 1812, pendant que Napoléon fait des siennes en Russie, Louge cède son établissement à François Théodore Beaudoin qui va l’exploiter pendant 27 ans. Cessant ses activités en 1839, il décide de faire vendre aux enchères les meubles et objets qui garnissent l’hôtel : On fait savoir que le lundi 3 juin 1839, onze heures du matin précis, il sera, par le ministère de Me Florimond-L’évêque, commissaire priseur à Sens, procédé à la Halle au Blé, place Saint-Etienne à Sens, à la vente de meubles et effets mobiliers garnissant anciennement l’Hôtel de Paris. (Le journal de Sens, 1er juin 1839).
Un an plus tard, son successeur, Athanase Brochot, ancien commissaire priseur, marié à Mme Colombe Compérat décède, laissant sa veuve aux fourneaux.
L’année 1840 verra «l’Auberge de la Ville de Paris», devenir «l’Hôtel de Paris».
Elle tiendra l’établissement en s’adjoignant un parent en 1842 et la raison sociale deviendra Veuve Brochot et Compérat.
Ils céderont leur place à M. Hermann qui la laissera rapidement à
Adolphe Bourgeois qui, lors de son mariage le 7 octobre 1845 avec Isaïe Lenoir
«fille de confiance demeurant à Sens, rue Dauphine», est déclaré sur l’acte « Maître de l’Hôtel de
Paris, y demeurant, rue Royale à Sens ».
Le propriétaire suivant, Mr Bourgenot fera paraître en février 1857 cette annonce dans le Sénonais :
«L. Bourgenot, Ancien maître d’hôtel de la Poste à Chatillon-sur-Seine informe MM. Les clients de l’Hôtel de Paris que M. Bourgeois vient de lui céder la direction de cet établissement. Le service de l’hôtel qui a reçu de nombreuses améliorations offre à MM. Les voyageurs et propriétaires tout le confort désirable»(3). Le nouveau propriétaire vient de moderniser son établissement. Il l’annonce dans le Sénonais du 14 avril 1857 : «Ouverture d’un salon de 80 couverts, avec pièce de réception. M. Bourgenot, Maître de l’Hôtel de Paris prévient le public qu’il se charge des noces et repas».
La réputation du lieu va grandissante, mais arrive la guerre de 1870. Les Prussiens et les Hessois envahissent la ville le 13 novembre et faute de troupe, aucune résistance ne leur est imposée. De plus, une fois installés, les soldats plus ou moins ivres, se livrent au sac et au pillage de la cité :
«En un instant, l’hôtel de Paris fut envahi… Les canons furent braqués sur l’entrée, les salles à manger inondées de soldats… Tous étaient pressés. Il fallait les servir tout de suite. Toutes les portes sont ouvertes, un officier déclare à Mr Bourgenot que si on trouve des armes chez lui, il sera fusillé sur l’heure… Les perquisitions commencent… du linge est volé dans les placards, la porte de la cave forcée, les meilleurs vins emportés…». (4)
Les successeurs de Bourgenot furent Lemoine père puis fils, avant 1900. Ce fut lui qui procéda à un agrandissement important de l’hôtel en construisant un étage sur le bâtiment du grand salon en bordure de la rue Pasteur.(5)
Il passera la main à Roger D’Honneur qui accueillera la Reine d’Italie, le Sultan du Maroc, la Reine d’Espagne, le Prince de Monaco, la Duchesse de Chartres et autres célébrités de l’époque.
Une époque qui verra une nouvelle modification de l’hôtel : le garage devient accessible par la rue Pasteur et la façade va changer d’aspect. Le porche ouvert, permettant jusqu’alors aux véhicules de passer par la cour, est transformé en hall d’accueil.
Roger D’Honneur se retirera en février 1933 au profit de M. et Mme Sandré. En 1936, le bureau de PTT ouvrant à côté, «l’Hôtel de Paris» deviendra «l’Hôtel de Paris et de la Poste» à l’initiative des nouveaux maîtres des lieux qui vont, eux aussi, connaître la guerre et l’occupation allemande.
Réquisitionné, l’établissement va devenir la feld-gendarmerie où seront conduits nombre de résistants avant de partir pour des lendemains sans retour.
Depuis 1980, Charles Godard, puis ensuite son fils Philippe, porteront haut les couleurs de «l’Hôtel de Paris et de la Poste». De nouveaux travaux ont été effectués dans les étages pour le confort des voyageurs, bar et salon ont pris des couleurs vives, la salle à manger traditionnelle s’ouvre désormais sur le jardin, de nouvelles chambres ont été crées et la terrasse rénovée. Un nouveau restaurant, Le Postillon, accueille également des clients amateurs de formules plus simples. Plus simples, mais pas au détriment de la qualité qui a fait la réputation du lieu.
Un peu partout en France, lorsqu’on évoque notre vieille ville, il n’est pas rare d’entendre :
«Sens ? Ah oui ! La cathédrale et l’Hôtel de Paris…».
Beau compliment pour ceux qui, depuis 1796, se succèdent.
Gérard DAGUIN (rédacteur de cet article)
Documentation :
- Bernard Brousse SAS,
- Virginie Garret Cerep, 5, rue Rigault Sens.
- 1, M. Batteux, Les maisons du Cloître.
- 2, Bulletin de liaison de la Société Archéologique de Sens.
- 3, Etienne Dodet, Sens au XIXè siècle (Tome IV).
- 4, L’invasion Allemande dans l’arrondissement de Sens, V.Dauphiné et L.Humbert.
- 5, Permission de voirie du 26 juin 1897.* Ou caudataire : celui qui porte la queue de la robe d’un cardinal.

/image%2F1246852%2F20250320%2Fob_7768b1_3f68f283-cd59-3762-92bd-7dae42f77087.jpeg)
/image%2F1246852%2F20250320%2Fob_20651e_capture-d-ecran-2025-03-20-132636.jpg)
Après avoir démoli CE LEGENDAIRE HOTEL qui a marqué différentes époques?
Il a été remplacé par ce nouvel établissement
Toutes les informations de cet article ont été glané sur le net
/image%2F1246852%2F20241210%2Fob_a2ccae_0-12blog-lapoesietmoi-15-1.jpg)
/image%2F1246852%2F20250320%2Fob_90a049_zoom-sans-titre313.jpg)
/image%2F1246852%2F20250320%2Fob_c037f7_30326894371.jpg)



/image%2F1246852%2F20250311%2Fob_2eac3a_53124746305-aba73cd03b-b.jpg)
/image%2F1246852%2F20250311%2Fob_538d72_28220063499-90577906fb-b.jpg)
/image%2F1246852%2F20250311%2Fob_51dc16_87fe05237fecf5583b1c424f26b19d13-img-3.jpg)
/image%2F1246852%2F20250311%2Fob_1a78aa_313538-francais-maison-abraham-sens.jpg)
/image%2F1246852%2F20250311%2Fob_f8e031_sens-89-la-maison-d-abraham.jpg)
/image%2F1246852%2F20250311%2Fob_a87efc_apmh00011567.jpg)
/image%2F1246852%2F20250311%2Fob_9526b9_599-sens-sens-maison-abraham-datant-xv.jpg)
